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P

aul Heijmink est « né parmi les fleurs », comme il se décrit lui‑même. Ses parents étaient dans les fleurs et les plantes et son frère n’y a pas échappé non plus, avec sa propre boutique de fleurs. « Ça doit être dans les gènes. » C’est évident, car en plus de ses activités de photographe, Paul travaille aussi à la vente aux enchères de fleurs Plantion. Il y emporte régulièrement de nouvelles variétés de fleurs et de plantes qui finissent à la maison dans un vase ou au jardin, pour ensuite être photographiées. « L’avantage de cultiver ses propres fleurs, c’est qu’on peut les cueillir exactement au bon moment pour la photo. » Paul est clairement un perfectionniste, et un immense passionné. Il rayonne dès qu’il commence à parler de fleurs. Il pourrait en parler pendant des heures, car Paul a beaucoup de choses à raconter.

Par exemple, pour ce moment parfait. À quel moment une fleur est-elle à son plus beau ? « C’est un jeu d’éléments. La bonne maturité, la bonne lumière, la bonne qualité. Certaines fleurs sont très fragiles, les roses par exemple. Les pétales de rose présentent de minuscules cassures si elles ont été trop secouées pendant le transport. On ne le voit pas sur une photo normale, mais bien avec la manière dont je le fais. » 

Eryngium Sirius Questar®
Clématite Amazing® Tokyo

Net toujours infiniment nette 

Paul maîtrise une technique particulière, le « focus stacking », qui donne une signature très reconnaissable à son travail. Les fleurs sont photographiées en gros plan, avec une netteté extrême. Et c’est précisément cette netteté qui est si particulière. « Une fois que j’ai mis en scène le sujet, réglé correctement l’éclairage et défini mon cadrage, je prends 10 à 15 photos. Je commence par faire la mise au point sur un point à l’avant, puis je décale la zone de netteté de quelques millimètres à chaque photo. Ensuite, je combine ces photos pour n’en garder qu’une seule, d’une netteté infinie. Après cela, j’ajuste mon cadrage et je recommence. »

Quand je passe une soirée à photographier, j’ai facilement 1 000 à 1 500 photos. Mon archive est immense.

photographie de fleurs

Extrêmement de près

« Avant, je le faisais plus qu’aujourd’hui : photographier d’extrêmement près. De la vraie macrophotographie, où tu saisis parfaitement les détails, agrandis complètement une petite fleur. Parfois, tu ne sais même plus ce que tu vois. Gypsophila par exemple, même les personnes du métier floral ne savent alors plus ce qu’elles regardent. » 

Favori

Paul rayonne encore plus lorsqu’il parle de ses fleurs préférées. Même s’il ne peut pas en désigner une seule comme véritable favorite, car dans presque chaque fleur il y a quelque chose de beau à découvrir. « Une tulipe perroquet, des anémones (tellement photogéniques), des clématites, et oooooh ces astrantias. Elles sont tellement belles de près. Les dahlias ressemblent parfois à une aquarelle. Et le delphinium, qui devient transparent sur la photo. Magnifique. »

 

"Je peux tellement apprécier les détails. J’adore le faire remarquer à tout le monde : regardez bien comme il est beau ! Je passe 4 jours par semaine à faire de la photographie, parfois 5, parfois 6. Jour après jour. Si je n’ai pas les fleurs à la maison, je les achète ou je les cueille dans le jardin. Peu importe, mais je deviens tout agitée quand il n’y a pas de fleurs dans la maison."

J’ai toujours des fleurs à la maison. Parfois, il y a des vases partout sur le sol.

Le défi réside dans le format 

« Plus le produit est grand, plus il est difficile d’en faire quelque chose de spécial. Mon style s’exprime surtout lorsque la fleur est petite. Photographier correctement une Astrantia, ce n’est pas donné à tout le monde. Une Delphinium, oui. C’est un défi d’y apporter sa propre touche, d’en faire une vraie “Paul Heijmink”. Parfois, le défi se situe ailleurs. Avec le Panicum, par exemple, il est très difficile à éclairer. Et quand ça a enfin marché, je me dis : “Yes”. »

Paul Heijmink au travail
Gloriosa Superba Simba Cinquante Nuances
Gloriosa superba Simba Cinquante nuances

Noir vs blanc 

« Je photographie moi-même beaucoup sur fond noir, mais Marginpar souhaitait un fond blanc. Avant de photographier pour Marginpar, je ne le faisais pas encore, j’ai dû m’exercer, ce n’était pas facile au début. » À 16 ans, Paul a acheté son premier appareil photo avec son premier salaire et il n’a jamais arrêté de photographier. Des fleurs sur fond noir, ça ne lui fait donc plus peur. Mais sur fond blanc ? « Cela demande un éclairage totalement différent. Le noir, tu l’éclaires par l’arrière, le blanc par l’avant. Le contre-jour, tu n’en veux justement pas. À chaque fois, il faut chercher un moment l’image parfaite. » 

photographie de fleurs

L’image parfaite, totalement différente

Cette image parfaite, c’est l’objectif ultime. Tu peux aller dans toutes les directions avec ça ; « L’autre jour, j’avais la Clematis Amazing® London. Tu te dis, “cinq photos, ça suffira bien”, mais je continue. Parfois tu veux une photo d’un petit arrière. Tu te dis, “qui fait donc une photo d’un arrière ?” Mais ça peut vraiment être très beau aussi. Ça se crée tout simplement, je les tourne, je les fixe dans une pince ou un petit vase et parfois je mets un petit bloc de biais en dessous. Avant, en macrophotographie, je le faisais encore parfois à main levée, mais je ne le fais plus. Je trouve ça plus agréable en studio. »

Une insulte à la fleur

Le meilleur conseil de Paul ? « Il faut d’abord apprendre à bien regarder. La plus belle image peut être toute petite. Et il faut aussi oser dire : “ça, je ne le photographie pas, parce que ça ne ressemble à rien”. Il y a des gens qui présentent des photos qui n’ont rien de beau. Pourquoi fais-tu ça ? Une insulte à la fleur. Il y a tant à voir ! Alors je me dis : “regarde bien autour de toi. Tu peux t’y consacrer à l’infini”. » 

« You brighten up my day » 

Paul publie ses photos sur Facebook tous les jours à midi pile. Ses photos récoltent beaucoup de likes et d’éloges. Parfois, il y a un commentaire qui le touche profondément : « Il y avait une dame qui racontait qu’elle attendait toujours avec impatience un nouveau post de ma part. Une Américaine, elle a dit : “You brighten up my day”. Une fleur comme contrepoids à toute la misère dans les actualités. Oui, ça me fait quelque chose. » 

Vous voulez en savoir plus sur Paul ? Consultez ici sa page Facebook.
photographie de fleurs
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